Château-Thébaud (44) – Crématorium

Maîtrise d’ouvrage : Crématorium Sud Loire
Architecte mandataire : Cub Architecture
Paysagiste : Zéphyr
Mission : Maîtrise d’œuvre des aménagements paysagers
Parcelle : 10 742 m2
Coût des travaux : 1 810 000 euros HT
Aménagements achevés en 2016

Un site dans la vallée du Maine

Le site choisi pour l’installation du crématorium est un grand terrain en pente douce vers le nord. De grands chênes et deux lignes de haies bocagères arborescentes marquent les limites de la parcelle. Coté nord-est, un boisement ancien est constitué de grands et beaux arbres borde le terrain.

Le site bien que vide en apparence possède un sous-sol riche et trempé en cette saison hivernale. Une végétation encore rase de milieu humide a pris place : saules, jonc, molinie…

La route, la départementale 137, sur la crête est la limite du bassin versant. En pente vers le nord, le site verse vers un affluent du Maine. C’est une géographie particulière : un relief fait de grands vallonnements où l’eau est présente partout. L’eau infiltre l’ensemble du sous-sol et pour métamorphoser la parcelle en jardin, nous commençons par canaliser cette eau éparse.

Deux grandes noues étagées dans la pente pourront être remplies à l’occasion des pluies. Un réseau de drains, de fossés et de bassin à sec assècheront l’ensemble du site, le jardin est rendu accessible.

Une implantation en forme de boucle, comme un passage

Le crématorium installé tout au nord de la parcelle libère la place pour un grand jardin orienté au sud. L’implantation générale du bâtiment et les circulations forment une boucle : l’entrée se fait par le nord-ouest, le stationnement vient en suivant. Puis, on entre dans le bâtiment en passant par un grand parvis planté de deux chênes-verts et d’un pin sculptural. L’intérieur du bâtiment est aussi pensé en forme de boucle avec une entrée et une sortie dissociée, on ressort coté est face au jardin.

Un petit parvis constitué au sol de traverse de bois permet d’aller au jardin. Nous proposons différents parcours, de différentes durées.

Un parcours long  offre une promenade à la fois introspective et libératrice, une sorte de retour au monde. Ici, on traverse différents paysages : des prairies verdoyantes, des lieux de recueillements, des bosquets et un bois. D’autres chemins, transversaux donne la possibilité d’écourter la promenade et permettent de rejoindre à plusieurs niveaux le parking. Les chemins seront confortables et praticables par tous.

Créer des lieux de recueillement

La promenade est ponctuée de deux lieux de recueillement. Étagé dans la pente, on trouve au premier tiers du parcours un endroit accueillant, un banc en bois quelques grands arbres, des bandes de fleurs sobres, une noue métaphore de l’eau, du ruisseau et du temps qui passe.

Le jardin des miroirs

Un jardin plus particulier vient border le bâtiment coté est, la pièce où les familles récupèrent l’urne funéraire s’ouvre sur ce jardin. C’est un jardin avec au sol trois grands disques d’eau. C’est un reflet du ciel dans le sol, une élévation spirituelle, les âmes des défunts s’élèvent. Trois chênes-verts forment le fond du jardin.

Une palette végétale symbolique et solennelle

Le choix des essences est à fois guidé par la particularité du site, assez humide, le désir d’avoir des essences locales et comme un décor de la mort, un cadre végétal.

Une allée de tilleul solennelle forme un rideau en limite ouest, il souligne la présence du crématorium. Plantés sur un merlon haut de deux mètres, de l’intérieur elle amenuise les vues sur le site voisin.

Les chênes vert, au feuillage présent toute l’année, cadrent les stationnements et certains sujets au port remarquable seront sur le parvis. A l’entrée du site les chênes verts sont disposés en quinconce, ils sont comme une sculpture, ils marquent l’entrée du crématorium.

Un système de haie bocagère arborescente orienté nord-sud sert aussi de pare-vue entre le jardin et le parking et entre le crématorium et le site de stockage coté ouest.

Toute la région est dessinée avec ces haies, nous proposons de réutiliser ce procédé.

Les cerisiers de Mandchourie apparaissent à travers les ouvertures de la salle de cérémonie, sur le parvis coté jardin et en limite des stationnements. Les cerisiers traversant le site sont le symbole avec leur fleuraison blanche au début du printemps du temps qui passe.

Formant des « feuillets », les lignes d’arbres est-ouest accompagnant les chemins et les retenues d’eau sont composées de chêne, symbole de pérennité, de force et de sagesse, c’est un arbre spirituel et d’arbres aux ports oblongs et fastigiés. Ces arbres sont des liens entre ciel et terre, des aiguilles pointées vers l’éternité. Ces feuillets sont aussi des pare-vues depuis l’extérieur du site vers l’intérieur. Depuis les maisons au loin, on percevra juste de larges bandes d’arbres.

Le bois existant et les retenues d’eau sont bordés d’arbres à croissance rapide tel que le saule, le peuplier ou le bouleau.

La palette végétale est composée à la fois d’arbres à croissance rapide, pour un effet le plus immédiat possible et d’arbres de première grandeur à croissance lente et très durables (tel que le chêne). Une partie de la flore est composée d’arbres persistants tel que le chêne vert, ils sont un symbole de longévité.

 L’herbier merveilleux

Des bandes de fleurs accompagnent les chemins, il s’agit ici de fleurs aux évocations multiples, elles sont aussi le symbole de l’éphémère. Elles sont plantées sur des bandes de 80cm de large et cinq mètres de long : une mise en forme simple et discrète. On trouvera, bien sûr les chrysanthèmes, mais aussi l’églantier, le glaïeul, l’achillée, les iris, le myosotis, la rose…

Un bois comme dernière demeure

La partie supérieure du jardin est réservée à un bois, ici on pourrait venir faire un dernier tour. Chêne, châtaignier, sorbier, charme, pin, sapin, if, nous utilisons des essences locales, bien adaptées à ce terrain et un équilibre entre arbres caducs et persistants afin que même en hiver, le bois soit vert.

Actualités

Catégorie: